Il y a les enfants qui pénètrent dans la classe pressés d'explorer leur nouveau territoire, heureux de retrouver les copains. Il y a les enfants timides, ceux qui restent en retrait, qui n'osent pas faire un pas ni se saisir d'un jeu sans autorisation. Pour ceux-là, un regard, un signe d'acquiescement, un accompagnement à une table de jeu suffit souvent à leur donner un peu d'assurance.
Et puis, il y a les enfants qui pleurent, qui versent des larmes dès le passage de la porte d'entrée de l'école. Qui poussent des cris le moment de la séparation venu. Mais aussi ceux qui vont rentrer dans la classe "comme des grands", pour fondre en larmes dès qu'ils auront réalisé que toute cette journée, "c'est pour de vrai". Papa, maman... les parents sont vraiment partis. Et voilà l'enfant qui brusquement se rend compte qu'il est tout seul dans une classe qui lui parait soudain hostile et surpeuplée.
Que faire si l'enfant pleure à la rentrée? Pleurer lors d'une première rentrée à l'école maternelle est quelque chose de normal. Ce n'est pas systématique, mais cette rentrée en maternelle est un véritable bouleversement dans la vie de l'enfant. On a eu beau en parler avant, dédramatiser, expliquer les choses, la réalité est toujours différente de ce que l'enfant avait pu imaginer. Un grand saut dans l'inconnu, et l'angoisse monte, que l'on soit adulte ou enfant. Un adulte dans la même situation va jouer nerveusement avec ses clés, s'isoler pour envoyer un texto à ses proches, observer à distance en déchiquetant une feuille de papier. Un enfant n'a pas tous ces moyens à sa disposition pour évacuer l'angoisse... et il n'a parfois pas d'autre choix que de se mettre à pleurer.
Laisser son enfant en larmes à la porte d'une classe maternelle, c'est un moment difficile. Impression d'abandonner l'enfant. Mais il n'en est rien! Le laisser pénétrer dans son nouveau monde, c'est au contraire lui montrer qu'on lui fait confiance. Que la relation qui lie l'enfant à ses parents est tellement forte qu'une séparation de quelques heures n'y changera rien.
Mieux vaut que la séparation ne dure pas trop longtemps (je sais, c'est plus difficile à faire qu'à dire...)
Prendre le temps d'expliquer en détail ce qui va se passer, juste avant d'arriver devant la classe: "je t'emmène aux toilettes, et ensuite on se dit au revoir et je reviens te chercher tout à l'heure..." Le moment de la séparation arrive.
L'angoisse revient en force chez les parents comme chez l'enfant.
Faire durer ce moment de la séparation n'apportera rien de plus. Mieux vaut partir rapidement de la classe, même si ce départ est difficile. L'enfant va pleurer spontanément pour exprimer son angoisse. Pleurer, ça n'est ni un réel choix de la part de l'enfant, ni une solution. C'est une réaction spontanée qui cessera lorsque quelque chose ou quelqu'un viendra apaiser son stress, le rassurer, lui faire penser à autre chose. Un enfant pleure à peine pose-t-il son pied dans la classe, la main de maman lâchée? C'est vrai que revenir faire un petit câlin de plus apaisera sans doute un bref instant ses larmes. Mais dès que l'on l'incitera à nouveau à rentrer dans la classe, ses larmes redoubleront!
Pourquoi? Non plus parce-que l'école lui fait peur, mais tout simplement parce-que pleurer le ramène dans les bras rassurants de maman. Faire trop durer cette séparation, c'est toujours faire durer les larmes. Plus ce moment de la séparation durera, plus le départ des parents sera difficile à vivre pour l'enfant (et inversement?). On peut avoir le sentiment de trahir son enfant, en refusant de revenir 10 fois pour un dernier câlin ou un dernier bisou. Mais en réalité, plus cette séparation est rapide, plus l'enfant acceptera vite d'explorer son nouvel univers. Alors, pour une bonne première rentrée, que faire?
Séparation rapide ne signifie pas "séparation à la va-vite". Et pénétrer dans ce nouveau monde qu'est l'école maternelle ne signifie pas forcément abandonner tout ce qui fait penser à la maison derrière lui, au contraire. On peut trouver un objet qui appartient à l'enfant ou à l'un des parents qui l'accompagnera à l'école: un foulard, un doudou... Mais attention à ne pas choisir un objet qui sera proscrit dans la classe (pas de jouets, de téléphones, d'objets qui comportent de petites pièces. Pas non plus de "doudou" trop volumineux.) Un mouchoir parfumé, un foulard, une petite peluche au fond de la poche: à chacun de trouver la petite chose que l'on pourra toucher du doigt pour se rappeler à tout moment qu'après l'école, maman (ou papa) revient!
Si l'enfant n'exprime pas d'appréhension particulière, inutile de lui proposer ce petit objet-fétiche. Il faut heureusement rappeler que pour la grande majorité des enfants, la rentrée se passe très bien!
Et si votre enfant a pleuré ce matin, rassurez-vous: les larmes des premiers jours, c'est quelque chose de tout à fait normal qui ne détermine absolument pas la façon dont sera vécue cette année scolaire. Très vite, ces larmes cesseront et l'enfant pourra profiter de toutes les activités offertes dans son nouvel univers dans la sérénité.